L’espace Saint-Luc fermera ses portes
le 04/07/2026 après la messe de 18h30
Il rouvrira le 05/09/2026 pour la messe de 18h30

La prière d’alliance, avec Ignace de Loyola:
« Merci, pardon, s’il te plaît »
Ignace, ses Exercices et le pape François lui-même jésuite nous invitent à récapituler chaque journée avec un
« examen de confiance-conscience »
dans lequel se déroulent trois des attitudes fondamentales de notre vie spirituelle :
la gratitude, « merci » pour les bienfaits discernés avec les lunettes des dons de l’Esprit Saint (le conseil) ;
la démarche de « pardon » pour les blessures infligées dans nos relations avec autrui, le cosmos, nous-mêmes et le Seigneur ; et les cris de supplication,
« s’il te plaît », quand la détresse se fait trop pesante.
« Merci » pour les merveilles dont notre ange gardien nous gratifie dans l’Esprit, lui qui éloigne les pierres de notre chemin (Psaume 90(91),11) ;
« pardon » pour la haine et la violence envers nos voisins, sur et autour d’un terrain de sport, par notre hyper consommation et notre exploitation indue de la planète qui brûle ; « s’il te plaît », Seigneur, accorde- nous la force, car sans toi nous ne pouvons rien faire (cf. Jean 15,5), donne nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin pour demain (cf. Matthieu 6,11),
aide-nous à faire, à dire et à manger moins,
car moins c’est plus et mieux.
Méditation des textes du 13ème dimanche du temps ordinaire Année A 28/06/2026
R 4, 8-11.14-16a ; Ps 88 (89) ; Rm 6, 3-4.8-11 ; Mt 10, 37-42
Une fois encore nous voici devant un texte d’évangile empreint de radicalité dans lequel il est question soit de perdre sa vie soit de « récompense » en la trouvant. Ce mot de récompense sonne un peu comme une bonne note qu’un enseignant donne à un élève pour un bon devoir. Je remplacerais ce mot par le mot « joie » car l’accueil de l’autre provoque la joie et non la « récompense ». Le degré de récompense ou de joie rétribué varie selon la personne à qui l’accueil s’adresse soit à un prophète, soit à un juste.
« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ». Jésus sait fort bien qu’au sein d’une famille, les idées sur la foi en Dieu divergent. Dans un milieu athée, un enfant ou un adolescent peut très bien faire une expérience et rencontrer Dieu. Il doit alors accepter cette rencontre dans sa vie même si ça déplait à ses parents sans toutefois cesser de les aimer.
Jésus est dans la synagogue en train de parler à la foule et de fustiger les scribes et les Pharisiens, soudain on l’appelle et on lui dit : Mt 12, 46-50 « Ta mère et tes frères sont là dehors qui cherchent à te parler » lui parler pour lui dire quoi ? « A mon avis c’est pour lui reprocher ses critiques envers les scribes et les pharisiens et pour lui conseiller de leur témoigner le respect qui leur est dû d’après leur position sociale et religieuse. »
A supposer que Jésus prenne en considération les reproches et les conseils que sa mère et ses frères s’apprêtaient à lui prodiguer ce serait les aimer plus que Dieu et il perdrait sa dignité de Fils de Dieu, il perdrait le sens de sa mission, ce pourquoi il est venu, donc le sens de sa vie. Mais Jésus très vivement répond : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ?… C’est seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux ». Ainsi sa famille biologique est mise à l’écart au profit de la communauté des apôtres ce qui n’empêche pas Jésus d’aimer les siens. Mais c’est ainsi que Marie, sa mère qui garde tout en mémoire (dans son cœur), fera son apprentissage de la véritable foi en son fils Jésus et sera la première à « prendre sa croix » et à le suivre avec la communauté des apôtres que Jésus a choisis. Il en sera peut-être de même pour ses frères comme Jacques frère de Jésus dont il existe une épitre. Ainsi cette radicalité peut amener plus de motifs d’unions et de joies que de séparations.
Mais il est vrai que la foi d’un nouveau converti peut se refroidir au contact de ses parents ou de ses enfants athées et sans loi et il peut « perdre sa nouvelle vie » s’il reprend sa vie antérieure faite de péchés répétitifs d’avant sa rencontre avec le Christ. On constate souvent qu’il y a peu d’écart entre « perdre sa vie et la trouver ». Il s’agit de suivre le Christ et de prendre sa croix, c’est le cheminement jour après jour de toute une existence et sans tomber dans le péché, on peut cependant tomber dans la tiédeur et c’est encore pire.
Il fut un temps, celui de ma jeunesse, les années 1960, où entre jeunes se posait la question de Dieu et même si certains d’entre nous n’étaient pas croyants, tous nous étions portés à la réflexion mais ce temps a très vite passé pris par la vie de famille et la vie de travail. La société est entrée dans la sécularisation, petit à petit beaucoup de chrétiens ont cessé de fréquenter l’Eglise jetant le bébé avec l’eau du bain et les rapports entre les personnes croyantes ou non sont devenus purement laïques. Aucun de nous chrétiens n’est à l’abri de « perdre sa vie ». Avons-nous l’occasion de témoigner de notre foi pas entre nous mais dans notre entourage familial ou dans notre voisinage ? Cette occasion quand elle passe, la saisissons-nous ou nous replions-nous sur nous-mêmes et gardons-nous le silence avec le prétexte que nous sommes en pays de laïcité ?
Le texte de Jérémie met l’accent sur l’accueil de celui qui est un saint homme. Ce qui attire notre attention c’est la délicatesse de cette Sunamite assez riche pour inviter Elisée à sa table et le loger mais avec le mérite de veiller dans le détail à ce qu’Elisée ne manque de rien : « Faisons lui une petite chambre…Nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer ». Et la reconnaissance d’Elisée ne se fait pas attendre, il lui promet le don d’un fils, en somme la récompense pour avoir accueilli un prophète. On rejoint ainsi le texte d’évangile, le « qui vous accueille, m’accueille » mais allons-nous jusqu’à l’accueil d’un plus petit parmi nos frères au niveau de cet accueil de la Sunamite, un accueil qui ne ménage pas ses dons et ses efforts, pleins de sollicitude et d’amour ?
Christiane Guès
