Semaine Sainte
Jeudi-Saint 2 Avril 2026 à 18h30 :
Messe de la Cène du Seigneur
Vendredi-Saint 3 Avril 2026 à 18h30 :
Célébration de la Passion du Seigneur
Samedi 4 Avril 2026 à 21h00
Veillée Pascale et messe de la Résurrection
La préparation aux célébrations aura lieu
mardi 31 Mars 2026 à 15h à Saint-Luc

La prière d’alliance, avec Ignace de Loyola:
« Merci, pardon, s’il te plaît »
Ignace, ses Exercices et le pape François lui-même jésuite nous invitent à récapituler chaque journée avec un
« examen de confiance-conscience »
dans lequel se déroulent trois des attitudes fondamentales de notre vie spirituelle :
la gratitude, « merci » pour les bienfaits discernés avec les lunettes des dons de l’Esprit Saint (le conseil) ;
la démarche de « pardon » pour les blessures infligées dans nos relations avec autrui, le cosmos, nous-mêmes et le Seigneur ; et les cris de supplication,
« s’il te plaît », quand la détresse se fait trop pesante.
« Merci » pour les merveilles dont notre ange gardien nous gratifie dans l’Esprit, lui qui éloigne les pierres de notre chemin (Psaume 90(91),11) ;
« pardon » pour la haine et la violence envers nos voisins, sur et autour d’un terrain de sport, par notre hyper consommation et notre exploitation indue de la planète qui brûle ; « s’il te plaît », Seigneur, accorde- nous la force, car sans toi nous ne pouvons rien faire (cf. Jean 15,5), donne nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin pour demain (cf. Matthieu 6,11),
aide-nous à faire, à dire et à manger moins,
car moins c’est plus et mieux.
Une porte, un passage, une Pâque
La porte est lieu de transition, de passage. Lors de la veillée pascale, le récit de l’Exode montre le Seigneur avançant en avant de son peuple en marche vers la liberté, pour lui ouvrir la route et l’éclairer avec la colonne de nuée le jour et de feu la nuit.
En Jn 10, Jésus se présente comme celui qui marche en avant, à la tête des brebis. Il les guide, leur ouvre la route et les ouvre en même temps à la liberté, à la vie donnée en abondance. Il est la porte. Si la porte permet d’entrer dans l’enclos, où le berger peut prendre soin de chacune de ses brebis, leur parler, les rassurer et les assurer, son rôle est aussi de les faire sortir de cet enclos, pour qu’elles cheminent librement et trouvent leurs pâturages. Dans le texte de Jean, le mot grec employé pour enclos est aussi celui qui est utilisé pour le parvis du Temple de Jérusalem. S’agirait-il donc symboliquement de faire quitter le Temple pour choisir la vie librement avec le Christ, en dépassant rites et dogmes ?
Le Ressuscité, bon berger, nous fait entrer dans le parvis de la présence de Dieu, point de départ essentiel d’un cheminement personnel ancré en Lui. Après le temps de la construction et de la maturation, il nous invite à en sortir, à dépasser le cadre de la religion. Entrer et ne pas sortir, ne serait-ce pas enterrer son unique talent, au lieu de le faire fructifier ? Ne serait-ce pas accepter l’infantilisation et l’aliénation, qu’elles soient le fait de gourous ou des forces de destruction -peurs, préjugés, blessures-présentes en nous ? Comment le Christ ressuscité pourrait-il nous parler, nous appeler, si nous ne sortons pas ? Nous rassembler en peuple si nous restons confinés loin du grand air, lui qui nous fait échapper à tout ce qui nous enferme ? Sortir c’est le seul moyen de répondre à son appel, de le suivre ! Rappelons-nous ce leitmotiv du pape François, sur l’importance que l’Église soit de sortie !
Ce double mouvement d’entrée et de sortie montre bien qu’être du Christ ne nous enlève pas du monde, mais au contraire, nous y immerge. Ce passage par la porte s’incarne dans le quotidien de nos vies, lorsque nous nous mettons à l’écoute du Christ et le laissons nous montrer le chemin vers la liberté.
Jésus ne nous appelle pas à être des moutons bêlants… mais libres ! Libres de nous laisser façonner par son amour pour qu’à notre tour, nous devenions une porte pour
être ses témoins, en aidant les autres à découvrir les parvis du Seigneur avant d’en sortir ! C’est ainsi que, peu à peu, nous devenons le peuple de Dieu.
Méditation du 4ème dimanche de Pâques
