Agenda

Célébration eucharistique
chaque samedi à 18h30.
(sauf pendant les vacances d’été du
14 juillet au 31 août 2019)

 

Méditation des textes du Christ-Roi Année C 23/11/2019

livre de Samuel 5, 1-3 ; Psaume 121 ; Lettre de Saint-Paul aux Colossiens 1, 12-20
Saint-Luc 23, 35-43

Ces mots de roi et de royauté nous gênent un peu aujourd’hui car nous n’aimons pas imaginer le Paradis comme une monarchie. Jésus non plus n’aime pas ce mot de roi et il ne s’est jamais donné ce titre.

Quand Pilate lui dit : « Alors tu es roi » il répondra par défaut : « Tu le dis, je suis roi » qui signifie c’est toi qui le dis pas moi  car il sait que Pilate ne l’a pas écouté  dire que son royaume n’était pas de ce monde. Celui qui se fera serviteur de tous et lavera les pieds de ses apôtres n’emploie jamais de définition qui le mette au-dessus des autres pour s’identifier. Jésus s’est presque toujours défini comme le Fils de l’Homme encore emploie-t-il cette expression à la troisième personne.

Avons-nous nous-mêmes cette humilité dans la façon de nous définir ?

Ce texte d’Évangile appelé « le bon larron » n’a pas été choisi pour rien. Plusieurs fois je me suis dit. Si Jésus n’avait pas été crucifié il aurait continué à répandre son message d’amour parmi le peuple jusqu’à sa mort naturelle.

Mais alors il n’aurait été qu’un de ces grands prophètes de la Bible et non le Fils de Dieu qui donne sa vie pour son peuple. Il aurait été peut-être le Messie attendu d’Israël vu sous un jour uniquement humain et encore aurait-il fallu qu’il se prononce contre l’occupation romaine et son message d’amour n’aurait pas été compatible avec l’attente des pharisiens et des grands-prêtres de l’époque

Nous nous apercevons que cet envoyé de Dieu surpasse en qualités humaines toute la série de rois choisis en Israël à commencer par David car aux qualités humaines de Jésus s’ajoutent ses prérogatives divines.

Saint-Paul nous décrit la plénitude de la personne du Christ: « En lui  nous avons la rédemption et le pardon des péchés…Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né avant toute créature … Tout est créé par lui et pour lui…Il est la tête du corps, la tête de l’Église ».

Pourtant que voyons-nous de Jésus dans cet Évangile envoyé pour nous arracher au pouvoir des ténèbres ? Quel roi nous est présenté dans cet Évangile de Luc ? Non pas un roi triomphant aux vêtements de luxe mais un pauvre innocent à demi nu, ligoté, troué, étiqueté « Roi des Juifs » condamné à une mort atroce et infamante réservée aux esclaves : la crucifixion.

Les badauds sont là à l’observer. Les chefs du peuple le tournent en dérision, les soldats ricanent.

L’un des malfaiteurs suspendu en croix à ses côtés l’injurie et répète stupidement les injonctions des chefs du peuple et des soldats : « Sauve-toi toi-même » signifiant ainsi qu’il donne raison à ceux qui  condamnent Jésus.

Si bien que l’autre malfaiteur suspendu en croix de l’autre côté de Jésus lui dira :  «Tu es pourtant un condamné toi aussi » ce qui veut dire : Là, tu es en train de parler contre toi-même.

Dans cette scène d’horreur ce dernier malfaiteur appelé bon larron reconnaît avoir commis des actes répréhensibles et mériter sa condamnation mais à ce moment-là il devient frère de tous ces malheureux qui suppliaient Jésus de les guérir sur les chemins de Palestine. Lui seul en reconnaissant ses fautes, reconnaît l’innocence et la véritable royauté de Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ».

Et Jésus lui répond : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Jésus ne reprend pas le mot Royaume mais Paradis refusant encore ce dérivé du mot roi devant cet homme si humble, refusant aussi le mot « ton » Royaume le tien, ce Royaume étant d’abord celui de Dieu le Père. Jésus s’humilie encore devant cet homme, se ramenant à son niveau : « avec moi tu seras …dans le Paradis ».

Jésus restera l’ami des pauvres, des petits, des pécheurs jusque sur la croix.

Les Béatitudes cheminent tout le long de l’année liturgique et en particulier ce mois de novembre.

Ce bon larron cumule la-plupart des Béatitudes qui sont la charte de la Vie Éternelle :

Il est pauvre de cœur,

Il pleure sur ses fautes (nous avons ce que nous méritons),

Il est doux et artisan de paix dans ses reproches à l’autre malfaiteur : « Tu ne crains donc pas Dieu ? »

Il a faim et soif de justice : « Souviens-toi de moi… »,

Malgré son passé il garde le cœur pur en reconnaissant avec lucidité l’innocence de Jésus (lui n’a rien fait de mal).

Et le salut va venir par cet homme perdu étiqueté roi, ayant remis son sort entre les mains du Père.

A-travers ce larron Jésus révèle son image de passeur. Ce malfaiteur sera le premier à passer vers la joie Éternelle. Il vient d’inaugurer cette parole que les derniers seront les premiers dans le Royaume de Dieu.

Nous constatons qu’au travers de l’histoire quotidienne des hommes se joue  une autre histoire celle de ce Royaume annoncée par le Christ. C’est une Bonne Nouvelle inouïe semée au cœur même de cette histoire des hommes comme une graine…une histoire d’amour qui grandit infailliblement malgré les vicissitudes des temps passés et de notre temps présent.

Rappelons-nous ceci : « mes paroles ne passeront pas », une histoire d’amour entre Dieu et toute l’humanité.

Aussi nous pouvons nous demander : Pour quel Royaume, pour quel Paradis travaillons-nous ?

Prions l’Esprit-Saint de nous convertir à travailler pour ce Royaume.

Cette fête du Christ-roi la dernière de l’année liturgique nous introduit humblement vers l’Avent qui va nous conduire à vivre la réalisation de cette Bonne Nouvelle de l’incarnation du Fils de Dieu image de ce Dieu invisible venu régénérer notre histoire.

Méditation proposée par Christiane Guès

 

Jeudi 9 janvier 2020
de 16h à 17h30
A l’Espace Saint Luc
Échanges sur le livre
Pierre BOURDIEU
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