Agenda

Mercredi 6 mars 2019 à 19h
Messe et imposition des Cendres

Mardi 2 avril 2019 à 18h30
Temps de prières

Mardi 9 avril 2019 à 19h
Cérémonie de la Réconciliation

Samedi 13 avril à 18h30
Messe des Rameaux

Jeudi 18 avril 2019 à 19h
Messe du Jeudi Saint

Vendredi 19 avril 2019 à 19h
Office du Vendredi Saint

Samedi 20 avril 2019 à 21h
Veillée et messe de Pâques

Célébration eucharistique
chaque samedi à 18h30.
(sauf pendant les vacances d’été du
15 juillet au 31 août 2018)

 

MÉDITATION 3ème dimanche de Carême
(23/03/2019)

Le temps de Carême nous réunit autour de l’Exode, pour cheminer ensemble, quarante jours avant la célébration de Pâques.

L’histoire de l’Exode relate un événement remarquable : Le Buisson Ardent. Comment pouvons-nous lire, en ce début du troisième millénaire un texte écrit sept siècles avant notre ère ?

L’événement qui fait signe

Le pape François aurait dit en réponse à des religieux qui lui demandaient «  Devons-nous retourner en Algérie ? » (question justifiée par les assassinats des moines, de Mgr Claverie et la quasi absence de population chrétienne, aujourd’hui en Algérie) «  Oui car votre présence fera signe ».

 Le pape François et moi-même avons un point commun, nous sommes des lecteurs de Michel de Certeau qui va nous permettre d’élucider cette première énigme : Faire signe ? Que peut bien vouloir dire : Faire signe ?

Moïse fait paître les troupeaux de brebis de son beau-père quand il perçoit un buisson qui brûle sans se consumer, ce buisson lui fait signe «  je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Entendez par là qu’il perçoit dans son environnement quelque chose d’inédit, qui l’attire, sur lequel il doit se pencher. Posons-nous une question ? Une autre personne présente l’aurait-elle perçu ?

Tentons une réponse par analogie : Vous assistez à une conférence, soudainement le sens  de certaines paroles vous saisissent, elles  éclairent votre attente personnelle,  c’est comme si le conférencier ne s’adressait qu’à vous. Ces paroles, pour vous, à  ce moment précis, sont extraordinaires elles vous font signe. Ce qui fait signe, ce qui fait événement pour une personne n’est pas généralisable, car la perception loin d’être un acte passif, prend racine dans le vécu, dans notre vécu.

 Immergé dans notre quotidien, aux prises avec un tourment, une inquiétude, voilà que nous percevons dans notre environnement quelque chose d’inhabituel qui retient notre attention, un appel.

Du sein du buisson Dieu appelle « Moïse, Moïse » .

Le texte ne parle pas de l’inquiétude de Moïse, mais nous connaissons tous son histoire, prince égyptien il se découvre appartenir au peuple juif maintenu en esclavage en Egypte, il prend la défense d’un de ses frères et doit fuir après avoir tué un soldat. Osons remplir les « blancs » de cette histoire, Moïse en gardant le troupeau songe à ses frères et sœurs, esclaves en Egypte et c’est ce tourment qui le rend sensible à l’appel qui provient du Buisson.

Le dialogue s’instaure entre Dieu et Moïse mais une première exigence divine doit être remplie : « retire les sandales de tes pieds ». Pouvons nous, entendre la voix de Dieu si nous ne sommes pas dans une  situation d’humilité, si nous savons tout sur tout, si nous sommes barricadés dans nos certitudes, ne vivons-nous pas dans une jouissance arrogante qui élève un mur entre nous et les autres, entre nous et la parole divine ?

Dieu s’adresse directement à Moïse mais dans nos expériences c’est par l’intermédiaire de l’autre que Dieu nous parle, le dialogue porte l’altérité.

Pour Moïse, le dialogue se poursuit, il  reçoit sa mission «  «  je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël »

Nous, nous ne sommes pas les héros, d’une geste biblique, si Moïse reçoit mission de délivrer le peuple d’Israël de l’esclavage, nos missions à nous se révèlent plus modestes mais il n’empêche à l’échelle de nos vies elles recouvrent toujours des choix essentiels, lourds de conséquences pour nos environnements humain, familial, professionnel, voire pour la vie de la cité.

L’importance de ce qui fait signe se vérifie par l’impulsion au changement de direction que prenne nos vies à dater de ce moment. Moïse quittera ses troupeaux, pour conduire son peuple hors d’Egypte et la grâce de Dieu le soutiendra pour surmonter tous les obstacles qui se dresseront  sur sa route.

Nous, nous doutons : Est-ce Dieu qui nous parle dans une altérité qui nous fait signe ? Mais c’est la suite de notre histoire qui va le vérifier, ce que nous accomplissons à partir de ce signe, nous n’aurions pu l’accomplir sans une certaine grâce qui ne sera jamais prise en défaut. Notre intuition se renforce d’une certitude confiante. C’est bien cela que je dois faire !

 Il n’y a pas de vie ordinaire qui échappe à la rencontre  divine, mais la réponse n’est pas toujours au rendez-vous, la rencontre avec l’autre, avec le Tout Autre marque tout à la fois, un changement dans notre vie et notre évolution spirituelle.

Le nom de Dieu fait signe

Le Pape François conforte ses religieux, « partez en Algérie votre présence fera signe », lorsqu’il prononce ces paroles nous basculons d’une histoire individuelle à une histoire collective, mais cela pose une nouvelle énigme : Le signe serait-il un bien collectif, un lien d’’appartenance à une communauté  et si visible qu’il pourrait être perçu de l’extérieur ?

Qu’en est-il pour nous, communauté de ST Luc ? Qu’est-ce qui pourrait faire signe pour nous en interne et en externe ?

Poursuivons notre lecture :

Moïse « Ils vont me demander quel est ton nom ;  que leur répondrai-je ? » Dieu dit « je suis qui je suis»,tu leur diras «  Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est je –suis ».Dieu habite le temps, tous les temps de l’existence, il échappe à toute nomination.

Lorsque nous prions ensemble, que faisons-nous d’autre que de nommer Dieu dans une tension permanente qui jaillit de nos angoisses, de nos doutes, de nos peurs ?

Que faisons-nous d’autre que d’affirmer collectivement la présence de « je suis ».

Nous cheminons ensemble dans le désert de nos vies  et ce qui nous porte c’est de conjuguer le nom de Dieu dans tous les temps de nos existences et parce que nous avons foi dans le nom de Dieu nous pouvons le transmettre, et faire signe à d’autres.

Prenons-nous assez en compte ces vérités , que notre tradition nous lègue le Dieu d’Abraham  D’Isaac, de Jacob dont les noms je suis celui qui suis, celui qui est, celui qui a été, celui qui sera.. se conjuguent à l’affirmation de l’Etre. Dans tous les temps de notre existence, nous le voulons, nous l’affirmons, le nom de Dieu est un appel-rappel permanent à vivre sous sa loi.

Le signe du christ

Les Ecritures de l’Ancien testament ne nomment pas le Christ et lorsque nous lisons la lecture tirée (1Co10) l’affirmation de St Paul paraît anachronique «  ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher c’était le Christ ». Le génie religieux de St Paul souligne le lien entre l’Ancien et le nouveau Testament. Les Evangiles font suite à l’Ancien Testament, les actes et les paroles du Christ se comprennent  par référence   aux textes bibliques. Jésus interprète d’une façon toute nouvelle et féconde les Ecritures,  à la fois il rompt avec la tradition, à la fois il impose une nouvelle intelligence des textes,  ce que Michel de Certeau définit comme la Rupture instauratrice. Jésus a entrepris une itinérance, sans biens, sans lieux, sans pouvoirs avec pour unique bagage les Ecritures, qu’il commente aux grès  de ces rencontres, dans une volonté d’ouverture à  de nouveaux publics, les populations de pécheurs de Galilée, les femmes, les prostituées, les malades..

Au moment où notre appartenance à  L’Eglise catholique est aux prises avec l’effondrement de l’autorité de l’Église (effondrement dont l’Église est en grande partie responsable), rappelons-nous que Le Christ est indissociable de la tradition biblique, qu’il nous parle par les Évangiles.

 En ce temps de Carême, les Écritures nous font signe vers une itinérance en relation avec notre désir de marcher dans les traces du peuple d’Israël. Suivons-les, avec confiance, elles guident nos pas même si l’horizon est incertain et l’avenir imprévisible.

Méditation proposée par Christiane Giraud

 

16 janvier 2019
Centre Mistral Marseille

Une pastorale pour notre temps

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