Agenda

Célébration eucharistique
chaque samedi à 18h30. 

 En raison du couvre-feu, la célébration est avancée à 16h

 

Méditation 4ème dimanche de Pâques (2021)

Je connais mes brebis

Ac4, 8-12 ; Ps 117 ; 1Jn3, 1-2 ; Jn10, 11-18

Dans cette 4éme semaine du temps Pascal les textes nous parlent de berger, de pasteur ,de brebis ,de pierre angulaire,des mots qui n’évoquent pour nous pas grand-chose au sein de notre 21eme siècle bétonné où nous chérissons des chiens et chats plutôt que des brebis. Et puis surtout on ne veut pas être assimilé à des moutons symbole tellement péjoratif .

Alors osons aujourd’hui donner un sens à ces mots ,à les faire revivre dans nos vies. Attardons nous un peu sur cette pierre angulaire plutôt énigmatique au milieu du psaume hélas coupé.

Le peuple d’Israël était dans la détresse et Dieu a secouru son peuple : la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue par la grâce de Dieu la pierre angulaire du temple celle du Salut. Et de rejetée, elle devient soutien de temple, de piétinée elle est élevée, de méprisée elle devient honorée, sanctifiée à l’instar du Christ nous dit Pierre.

Le Christ est au centre de notre relation de foi en Dieu. C’est Lui qui nous conduit,qui nous garde,nous protège, nous rassure quand nous sommes en proie à nos doutes : un vrai berger. L’image du berger qui conduit et protège son troupeau a été appliquée dans l’A.T. tantôt aux prophètes comme Abraham qui se lève et part ,comme Moise qui conduit son peuple hors d’Égypte ,tantôt aux rois messianiques comme David et toujours sous l’impulsion de la voix de Yahvé.

C’est une haute fonction humaine et divine et Jésus réalise pleinement cette fonction lui qui est le fils de l’homme. Pleinement humain:il devine et accomplit sa mission librement, il endosse son destin tragique et messianique.

Nous nous avançons dans le brouillard dans une société où le paraître,l’argent,le pouvoir,nous sont décris comme les portes d’accès au bonheur. Le loup de la consommation,du chacun pour soi,du sang et de la guerre,des catastrophes écologiques,nous mord dans l’indifférence et l’abandon.

Et nous voila errants, brebis sans berger….humains dépossédés de notre humanité.

Alors oui dans nos découragements,nos doutes,nos tâtonnements, fatigués, lassés de ces désillusions nous avons entendu le son de clochettes lointaines d’un troupeau nouveau et nous avons voulu aller vers ce chemin, le connaître, l’explorer. Nous nous sommes assis sur cette pierre inconnue posée sur notre chemin pour entendre le son de ces clochettes à l’unisson aux battements de notre cœur.

Le troupeau se forme grâce au témoignage et il nous dit : oui il existe une voix d’espérance qui permet de transformer nos vies, viens et vois, viens t’éveiller au bonheur véritable sur ce chemin avec le Vivant notre pasteur .

Nous avons retrouvé par delà la routine et la facilité, la fraîcheur l’émerveillement, le frémissement du cœur la reconnaissance d’une proposition de vie différente d’une main tendue,d’une révélation d’une présence nouvelle .

Christ est ressuscité et il vient nous guider. Car c’est bien lui nous le reconnaissons nous l’acclamons le Berger de nos vies que nous attendions celui qui rassemble son troupeau après l’épreuve et le cheminement, pour le conduire vers les verts pâturages jusqu’aux sources d’eaux vives .

Regardez-le courir à la recherche de la brebis égarée, de la brebis blessée car chacune a pour lui une valeur inestimable : « Mes brebis je les connais une par une je les appelle par leur nom »: Marie-Madeleine ,Thomas,Pierre…hier mais aussi Thierry, Chantal, Jean, Gérard, Martine  Christiane Jeannette Jean-Pierre…

Et Il va chercher les autres celles qui ne sont pas dans cet enclos car pour tous la porte du Salut est ouverte.

L’image du berger à la tête du troupeau évoque l’Église.Mais qu’il serait dommageable de télescoper où de gommer la dimension interpersonnelle,la dimension de cœur à cœur fondamentale.

Car ce berger là n’a aucun projet d’embrigadement,comme il n’a que faire d,un comportement moutonnier où d’un troupeau bêlant façonné par une église catholique qui s’accroche à la forme et oublie trop souvent le fond, qui privilégie l’Institution au détriment de la mission.

Que serait l’Église de Pâques et de Pentecôte si elle n’était pas et si elle ne devenait pas toujours davantage dans un grand témoignage dynamique de rassemblement universel,espace de la rencontre personnelle et personnalisante de chacune, de chacun avec le Christ. L’appartenance au peuple de Dieu se fait sur la base de la liberté et elle invite à une foi au Christ vécue de façon consciente ,confiante,responsable.

Qu’allons nous célébrer après ?

L’Eucharistie n’est elle pas le signe par excellence de cette rencontre à la fois communautaire et on ne peut plus personnelle ? Il vient en moi faire sa demeure et par le fait même Il m’établit en vivante solidarité en communion avec l’humanité responsable de l’annonce de ce bon Pasteur.

« Mes brebis je les connais ,elles écoutent ma voix,je leur donne la vie,une vie éternelle jamais elles ne périront. Je donne ma vie pour elles ,librement. Jamais personne les arrachera de ma main ni de la main du Père car le Père et moi nous sommes UN » 

A toi Christ ressuscité notre vrai pasteur, l’élan de notre louange .

Méditation proposée par Brigitte Volle