Agenda

Célébration eucharistique
chaque samedi à 18h30.
(sauf pendant les vacances d’été du
15 juillet au 31 août 2018)

 

MÉDITATION 25ème dimanche du temps ordinaire

Lequel d’entre nous n’a pas rêvé un jour d’être le premier ne serait-ce qu’en classe à l’école ? Or dans ce monde ultra-compétitif il faut qu’il y ait un premier, celui qui réussit et à qui on a promis une brillante carrière et un dernier, le perdant celui qui échoue et qui deviendra le laissé pour compte.

         Dans le Royaume promis par Jésus, il n’en est pas ainsi car nous assistons à un complet renversement des valeurs. Le laissé pour compte, l’handicapé, le malade et surtout le pauvre, le paumé sont appelés à devenir les premiers.

         Jésus vient de dire aux disciples qu’il va être livré et tué mais qu’il ressuscitera.

Il ne dit pas qu’il va occuper la première place dans ce monde et réaliser des exploits. Au contraire il parle d’un échec, livré d’abord puis tué, la Résurrection ne venant qu’après sa vie terrestre. Aussi les disciples ne comprennent pas. Mais même après sa Résurrection les disciples ne comprendront pas plus puisque dans les Actes au chapitre 1 ils demandent à Jésus ressuscité : « Seigneur est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? » comme si Jésus était venu pour accomplir cette réhabilitation terrestre.

Ils comprendront seulement après avoir reçu l’Esprit-Saint. Pierre avait déjà reçu un clin d’œil de cet Esprit-Saint en proclamant dans l’Évangile de dimanche dernier : « Tu es le Christ ». Mais Jésus n’avait encore rien officialisé et il se disait toujours « Fils de l’Homme ».

Pour leur faire comprendre ce renversement des valeurs, Jésus donne l’exemple d’un enfant. Il ne dit pas de devenir infantile ni de s’abêtir mais d’accueillir en son nom les enfants.

Les enfants ne sont pas toujours innocents et ils ont quelquefois les défauts des adultes : jalousies, rivalités, convoitises comme dit Jacques dans sa lettre. A l’époque, la psychologie enfantine n’avait pas encore été examinée. Les enfants dans la société de l’époque étaient assez peu considérés et même pour ainsi dire pas du tout. En disant que celui qui accueille un enfant accueille Dieu lui-même,  Jésus tente de changer le regard des adultes sur la situation de l’enfant qui, dans sa vulnérabilité, a besoin d’amour et de protection.

De plus, la petite enfance, n’est pas raciste ni avide de gains bien que l’instinct de propriété et la violence arrivent assez vite souvent engendrés par les adultes et la société.

Jésus reste dans la culture de son temps mais comme dit Lytta Basset il a cependant découvert la spiritualité des enfants car il dit : « Tu as caché cela aux sages et aux intelligents et tu l’as révélé aux tout petits ». « Chez le tout-petit le non savoir de Dieu est naturel. Il ne saurait dire ce qu’il veut, ce qu’il cherche, tout occupé qu’il est à recevoir ce que la vie lui apporte. Voilà pourquoi, selon Jésus, qui ne reçoit pas la Vie (avec un grand V) comme un enfant ne peut même pas y entrer ». Recevoir simplement ce que la vie nous apporte sans chercher à toujours posséder plus ou à comparer avec le voisin ses revenus par rapport aux nôtres, doit aussi être l’engagement des adultes à plus forte raison s’ils sont chrétiens.

Voilà pourquoi en privilégiant les honneurs, les richesses, la réussite sociale notre monde fait fausse route car tout cela est appelé à disparaître.

A la question de Jésus : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » les disciples se taisent, ils n’osent pas répondre  car ils se doutent qu’ils ne sont pas dans la bonne direction surtout après avoir entendu une nouvelle fois Jésus leur annoncer sa mort et sa résurrection même s’ils n’ont pas très bien compris .

L’enseignement va alors plus loin : le premier doit être le serviteur de tous comme Jésus lui-même. Le serviteur de tous sans condition ni familiale ni sociale. Le serviteur c’est celui qui malgré sa grandeur d’âme ira jusqu’à laver les pieds de ses disciples.

C’est loin d’être gratifiant l’état de serviteur. C’est un appel à un renoncement total de tous les plaisirs et les richesses de ce monde pour mettre sa confiance et sa fidélité en plus grand que soi au point même de devoir donner sa vie s’il le faut pour réaliser le message d’amour de Jésus.

Personne n’a envie d’être le serviteur de tous pas plus hier qu’aujourd’hui. Nous avons  plutôt tendance à vouloir nous sentir satisfaits de notre condition et nous aimerions garder en permanence une vie sécurisée et douillette.

Quelquefois je me pose la question : Serai-je prête, au nom de ma foi, à subir les persécutions que connaissent les chrétiens d’Orient ? A vrai dire je ne sais pas. Mais le serviteur de tous doit toujours se tenir prêt à tout.

Les justes parmi les chrétiens, les non-chrétiens, les non-croyants se heurtent toujours aux valeurs qui régissent ce monde.

Nous chrétiens ne pouvons agir que très localement dans ce à quoi nous nous sentons appelés sans trop d’espoir qu’un jour ce monde change du moins dans sa totalité, plus de guerres, plus de rejet de populations entières, plus de corruption chez ceux qui détiennent les richesses et asservissent les pauvres. Nous savons que la démocratie va dans ce sens.

Mais c’est d’abord en chacun de nous que notre regard doit changer comme celui de l’adulte sur l’enfant à l’époque de Jésus.

La fragilité de l’enfant est assimilée aux plus démunis pas seulement en ressources matérielles mais en déficience de santé et d’autonomie, en défaut de culture, tous ces plus petits dont Jésus dit qu’ils nous précéderont dans le Royaume.

Chacun de nous doit toujours tenter de devenir serviteur de tous malgré les difficultés rencontrées.

C’est cela accueillir la Vie comme un enfant.

Livre de la Sagesse Sg2, 12.17-20

Lecture de la lettre de Saint-Jacques Jc3, 16-4,3

Évangile selon St Marc 9, 30-37

Psaume 53

 

Méditation proposée par Christiane Guès

En écho à la Lettre au peuple de Dieu du pape François,
«  L’Église, du scandale à la Réforme », débat avec  le Père Pierre de Charentenay, s. j., directeur adjoint de l’ICM
le jeudi 15 novembre de 20 h à 21 h 30
 à l’Espace St Luc, 231 rue St Pierre (métro Timone)