Agenda

Célébration eucharistique
chaque samedi à 18h30.
(sauf pendant les vacances d’été du
14 juillet au 31 août 2019)

 

Deux textes de ce  Noël 2019

Les Quatre bougies

 Les quatre bougies brûlaient lentement. L’ambiance était tellement silencieuse

Qu’on pouvait entendre leur conversation

La première dit : « Je suis la Paix ! Les gens n’arrivent pas à me maintenir.

Je crois que je vais m’éteindre ».

La flamme diminua rapidement et elle s’éteignit complètement.

La seconde dit : « Je suis la Foi ! Je suis superflue.

Les gens ne veulent rien savoir de moi. Cela n’a pas de sens que je reste allumée.

Quand elle termina de parler, une brise souffla suavement sur elle

Et l’éteignit.

Triste, la troisième bougie se manifesta à son tour : « Je suis l’Amour »

Je n’ai pas de force pour rester allumée. Les gens me laissent de côté

et ne comprennent pas mon importance

ils oublient même d’aimer ceux qui sont proches d’eux

Et sans plus attendre, elle s’éteignit.

Soudain un enfant entra et vit les trois bougies éteintes :

« Mais que se passe-t-il ? Vous devez rester allumées jusqu’à la fin ».

En disant cela, il commença à pleurer.

Alors la quatrième bougie parla :

« Ne sois pas triste tant que j’ai ma flamme nous pourrons allumer les autres bougies.

Car moi je suis l’Espérance ».

Avec des yeux brillants, l’enfant prit la bougie de l’Espérance

Et alluma les autres

Seigneur, que la flamme de l’Espérance ne s’éteigne jamais à l’intérieur de nous.

Que nous sachions être l’outil dont cet enfant a besoin

pour maintenir la Paix, la Foi, l’Amour et l’Espérance.

Texte de l’Homélie de Noël

Nous sommes en 1940, en Allemagne, dans un camp de prisonniers français.

Des prêtres prisonniers demandent à un autre prisonnier depuis quelques mois avec eux, de rédiger une petite méditation pour la veillée de Noël. Ce prisonnier, accepte et offre à ses camarades ces quelques lignes .

« Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, vous le trouverez peut-être naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.

La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « mon petit » !

Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères.

Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble ».

Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments-là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essayerais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie.

Et Joseph. Joseph ? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu est venu dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté, et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer ».

Jean-Paul Sartre

 

Jeudi 13 février 2020
de 18h à 19h30

A l’Espace Saint Luc
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