Agenda

Célébration eucharistique
chaque samedi à 18h30.
(sauf pendant les vacances d’été du
14 juillet au 31 août 2019)

 

MEDITATION du 30ième DIMANCHE du Temps Ordinaire, année C

Cher Michel,
Chers tous,

Durant cette Méditation, je vais essayer de vous faire partager, approfondir la richesse de la Parole de ce jour.

La 1ère lecture, extraite du Livre – datant de 180  avant notre ère – de Ben Sira le Sage, un notable juif de Jérusalem qui s’adresse à de jeunes aristocrates, nous présente le Seigneur comme un Juge modèle. Ce qui est l’opposé de celui de l’évangile de dimanche dernier, « dépourvu de justice » selon Jésus lui-même.
Ici, et je reprends les qualificatifs du Seigneur, Juge : « impartial envers les personnes ; ne défavorise pas le pauvre ; écoute la prière de l’opprimé ; ne méprise pas la supplication de l’orphelin, ni la plainte de la veuve ». Loué soit notre Dieu, pouvons-nous dire !
La seconde partie de notre 1er texte approfondie la thématique de la prière, comme pour l’Evangile de ce jour. Je cite : « Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli. » Il s’agit sans doute, vu le contexte du service de la prière (au Temple).
Y suis-je personnellement fidèle, assidu ?
Il me semble que ce service peut-être élargi à celui du prochain. A une Fille de la Charité, se faisant scrupule de quitter l’Oraison pour le service des Pauvres, Saint-Vincent de Paul lui répondit : « Vous quittez Dieu pour Dieu ! »
La caractéristique de la prière, dans notre Lecture de ce jour est qu’il s’agit d’un pauvre qui, et je cite, « persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui (et plus largement), ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice. »
Suis-je persévérant dans ma Prière, mon Service, d’autant plus s’il ne concerne pas que moi ?

De l’extrait du Psaume 33, je retiens tout particulièrement les 2 dernières strophes qui sont une méditation sur le Seigneur lui-même, n’hésitons pas à la rependre :
« Le Seigneur regarde les justes, il écoute attentif à leurs cris. Le Seigneur entend ceux qui l’appellent, de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu. Le Seigneur rachètera ses serviteurs ; pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge
. »

Nous en arrivons, à la seconde lecture, extraite de la 2ième Lettre de Paul à Timothée, en son chapitre 4ième :
Lors de la préparation de la Liturgie de ce jour, un Participant a souligné que Paul, en cet extrait, paraissait bien satisfait de lui-même. Approfondissons !
Je cite quelques paroles de ce dernier : « le moment de mon départ est venu » (petit clin d’œil à Michel !) ; « Je suis déjà offert » (ce qui n’est pas rien !) mais aussi « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. »
Puissions-nous faire le même constat, quel que soit nos départs, sans doute surtout pour l’Ultime ?
Il ajoute « Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de justice » et parle du « juste juge » comme celui de notre 1ère Lecture et se décentre de lui-même – c’est à souligner – vis-à-vis de cette couronne remise, ouvrez les guillemets « aussi à ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse ».
Ai-je vraiment le désir du Retour glorieux du Christ?
Le texte se poursuit et se termine par le constat de l’abandon de ses proches mais, dans le quasi même temps, il dit « Le Seigneur, lui m’a assisté » et développe son action de grâce.
Paul, et je cite Christelle JAVARY, dans Magnificat de ce mois : « ne se préoccupe pas de son salut personnel, mais de la proclamation de l’Evangile. Bel exemple de décentrement qui permet à l’Esprit d’agir, en toute liberté. Mon Dieu, je te rends grâce… non pas à cause de ce que je suis, mais à cause de ce que toi, tu es : le juste juge, débordant d’amour et de miséricorde pour tout homme. »

Quant à l’extrait de l’Evangile de Luc, au chapitre 18ième, il met en scène 2 types de Priants : un pharisien, imbu de lui-même et de ses réelles qualités et un publicain, conscient de sa pauvreté morale foncière.
Quel beau passage d’Evangile qui, pastoralement, m’arrive d’utiliser auprès de Patients à l’Hôpital, s’estimant indigne de recevoir la communion eucharistique. Quelle grâce, également, que le Christianisme qui donne une place de choix au plus pauvres d’entre nous, auprès du Seigneur.
Enfin, ne passant pas à côté de la dernière phrase de notre Evangile : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé.» Véritable programme que nous soyons à Lyon, à Marseille et même ailleurs !
Mais qu’est-ce que l’humilité ?
Rentrant de 4 jours à l’abbaye cistercienne de Notre-Dame d’Aiguebelle, je laisse la parole au Père Abbé du Mont des Cats, Guillaume JEDREZEJCAK, je ne suis pas sûr de la prononciation… commentant la Règle de Saint-Benoît (« Sur un chemin de liberté, commentaires de la Règle de Saint-Benoît, jour après jour »).
« Mais alors, où se trouve vraiment l’humilité ?(…) Elle suppose d’abord une (…) découverte : celle de notre propre peur. Sans voir que nous avons peur, en découvrir la racine profonde, et découvrir que nous n’avons rien à craindre, parce que notre véritable appui, c’est le Christ, et que personne ne peut nous l’ôter, cela permet d’accueillir l’autre, qui n’est plus ni une menace, ni un rival, ni un ennemi potentiel. Le  chemin de l’humilité (…) est donc, en fait, le chemin de la foi. » (page 102).
Alors, partant pour ce chemin ?
Quant à l’autre versant, de la phrase commentée, celui du pharisien, je reprends le même auteur : « (…) il est essentiel de découvrir que nos grands désirs, pour nous conduire à Dieu, doivent toujours passer par une kénose. Ils doivent se vider de tout ce qu’ils avaient de recherche complaisante de soi-même, de vanité, de prétention. Ils ont besoin d’être purifiés au creuset de la vie, pour nous être rendus infiniment plus beaux. Mais cela ne dépend pas de nous, c’est un don de Dieu. Alors, désirons les hauteurs, mais en passant par les profondeurs ! » (page 113) – Bis.

Amen et… au travail !

Méditation proposée par Emmanuel Bourgin.

 

Jeudi 24 octobre
de 18h30 à 20h
A l’Espace Saint Luc
Lecture du livre
A Philémon
d’Adrien Candiard