Agenda

Jeudi 23 Mai 2024 à 15h Mai 2024

préparation de la messe des enfants du 25 Mai

Samedi 25 Mai 2024 à 16h

Conseil de Communauté ouvert à tous suivi de la Célébration à 18h30

de la Fête de la Sainte-Trinité

avec et pour les (petits) enfants de notre communauté

 

Jeudi 30 Mai à 17h30

Assemblée Générale des Amis de Saint-Luc (Nous sommes tous concernés)

 

 

L’Ascension de Jésus – (Ac 4, 1-11)

A la fin du récit, apparaissent deux hommes en vêtements blancs. Luc ne nous précise ni d’où ils viennent ni où ils vont. Ils sont là et c’est tout. Ces deux hommes ne sont pourtant pas tout à fait des inconnus. Ils rappellent les deux hommes en habits resplendissants que les femmes ont rencontré au tombeau et qui leur ont posé une question : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » (Lc 24, 5). Là encore ces deux braves hommes posent une question surprenante : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » (verset 10). De même que ce n’est pas parmi les morts qu’il faut chercher Jésus le vivant, ce n’est pas non plus en regardant le ciel qu’on devient témoin de l’Évangile.

Dans la culture biblique, ces deux hommes sont des messagers de Dieu. Dans la prière et dans la foi les apôtres comprennent que Dieu leur adresse un message important pour leur vie personnelle et pour leur témoignage dans le monde. Et ce message est toujours surprenant. Il va à l’encontre de ce qu’ils pensent, à l’encontre de l’évidence. Pour traduire en mots d’aujourd’hui ce qu’ils ressentent, il serait possible de dire qu’ils sont en train de faire une expérience de Dieu très importante. Ils s’aperçoivent que Jésus est beaucoup plus grand que ce qu’ils pensaient, qu’il ne leur appartient pas, que sa place est près du Père afin de pouvoir rejoindre toute l’humanité. Alors ils veulent, dans la prière, continuer à porter leur regard sur lui afin de le contempler dans sa toute sa splendeur. Et ces deux hommes disent : non, non, ce n’est pas en étant confinés dans vos prières que vous resterez en lien avec lui. Le lien fraternel avec lui passe par le lien fraternel avec les hommes, avec la terre.

Avoir les yeux tournés vers le ciel est important. A plusieurs reprises l’Évangile nous dit que Jésus leva les yeux aux ciel avant d’accomplir un signe de guérison. Mais Jésus ne tourne pas les yeux vers le ciel pour se détourner de la terre. Il tourne les yeux vers le ciel pour voir la vie des hommes avec le regard de Dieu, pour en prendre soin, pour la guérir.

Cette fête de l’Ascension pose deux questions selon le pape François. L’an dernier, dans un message, il les exprimait ainsi : 1- Pourquoi célébrer le départ de Jésus ? – 2- Que fait Jésus au ciel ? Et il apportait sa propre réponse.

  • Pourquoi célébrer le départ de Jésus de la terre ? Un départ est plutôt un moment triste, nous dit-il. On peut vouloir manifester notre amitié, mais de là à se réjouir il reste une marge. En fait, avec l’Ascension, quelque chose de nouveau et de magnifique se produit : Jésus a emmené notre humanité, notre chair au ciel (= près de Dieu), et cela pour la première fois ! Il a élevé notre vie humaine jusqu’à Dieu. Cette humanité, qu’il avait prise sur terre, n’est pas restée ici. Jésus ressuscité n’était pas un esprit, non, il avait son corps humain, sa chair, ses os, tout, et toute cette vie humaine pour toujours sera en Dieu. Nous pouvons dire que depuis le jour de l’Ascension, Dieu lui-même a « changé » : depuis lors, il n’est plus seulement un esprit, mais il porte en lui notre humanité pour notre plus grand bonheur. Celui qui s’est fait homme pour nous […], pour faire de nous ses frères, apparaît comme homme devant le Père, pour prendre avec lui tous ceux qui lui sont unis ». Et François conclut : Nous célébrons aujourd’hui « la conquête du ciel » : Jésus retourne vers le Père, mais avec notre humanité. Le ciel est donc déjà un peu le nôtre. Jésus a ouvert la porte et son corps est là.

* Que fait Jésus au ciel ? Il est là pour nous devant le Père, il lui montre continuellement notre humanité, il lui montre nos blessures. J’aime penser que Jésus, devant le Père, prie ainsi, en lui montrant les plaies. « Voici ce que j’ai souffert pour les hommes : fais quelque chose ! Il lui montre le prix de la rédemption et le Père est ému. C’est une chose à laquelle j’aime penser. Il ne nous a pas laissés seuls. Il est toujours avec nous, il nous regarde, il est « toujours vivant pour intercéder » (He 7,25) en notre faveur. En un mot, devant son Père et devant notre Père, Jésus intercède en notre faveur.

Voilà comment François méditait l’an dernier devant le mystère de l’Ascension. A partir de ces deux questions et de ces deux réponses, je retiens deux appels pour les témoins de l’Évangile aujourd’hui. Puisque le ciel est ouvert et que le Christ porte devant le Père la vie des hommes, quelle vie des hommes faisons-nous remonter vers le Père dans nos prières ? Dans nos prières il y a peut-être trop souvent des « prières toutes faites » et la vie des hommes n’est pas suffisamment présente. Comment, à la suite du Christ, portons-nous la vie des hommes devant Dieu ? La vie, les souffrances, les joies mais aussi les combats, les luttes en faveur de la justice et de la paix, combats et luttes qui comportent des succès mais aussi des reculs et de francs échecs. Chaque jour Dieu accueille ce poids de vie que nous lui présentons comme il a accueilli le poids de vie de son Fils.

Dans la deuxième question, François imagine Jésus en train de dire à son Père : « Fais quelque chose ! » Fais quelque chose pour que les hommes vivent de la joie de Dieu sur terre. Fais quelque chose pour que les hommes se lèvent (terme de résurrection) et prennent leurs responsabilités pour la construction d’un monde de paix, de justice, d’un monde fraternel. Fais quelque chose pour que chacun de nous se mette en route et continue à surmonter les obstacles pour avancer.

Robert Peloux

Saint-Luc, le 8 mai 2024